La page tellement blanche

Valéry Hugotte, “…battant comme une porte”, Scherzo 7 (spring 1999)

Alors parfois il y a la tentation de se laver de tous ces mots qui collent à la peau, s’y attachent comme un tatouage indélébile; il y a même un autre rêve, celui d’une page blanche, du livre vierge où tout resterait à écrire, enfin. A la manière du “livre blanc d’Hoffmann” évoqué dans Calvaire des chiens ou, dans Prison, de la “page tellement blanche qu’aucun mot ne lui préexisterait”. On se souviendra surtout de la phrase bouleversante d’Impatience où s’énonce furieusement la lassitude de ces mots dont notre corps est lesté: “Et c’est comme une lessive de mots pour les débarrasser de la gangue sale du monde et y marcher de nouveau la tête haute et la nuque raide”.